Couleurs immobiles
lit défait
à même le sol
couleurs rouées de coups
Le zef hors d'haleine s'amène
drôle d'allure du jour l'oeil frisé
dans tout le ciel
nous vient ce brame au goût de fiel
dans tout le ciel c'est trop tard
désolé
Avalée nôtre langue
par coups sémaphoriques
la bête galope fourrée de rhum
et bascule la corne du matin
assis sur son silence
retourne la dune
c'est une trompe en bataille
sous les projecteurs fébriles
Repue
muscles gonflés l'aube grimpe
les routes pâles des animaux
La forêt claque
par ronflements d'éboulis
la forêt claque
sopran' et baryton mêlés
de touffes
thorax en rut
Crachotée
hurlée
vociférée
la forêt mon château
sur les gencives
Les mouettes moulinent
à travers les trompettes veineuses
les moteurs s'agrippent aux roulis de lumière
levant ses bouffées d'eaux
la forêt claque
comme un néon
goût de varech
bowling décanillé
bruyère flasque
la forêt
à quatre pattes
va se givrer de bleu
c'est une émeute de sève en fuite
dans les flaques de silence
qui hoquettent